Safran renforce sa présence au Maroc
Le Maroc est un pays stratégique pour Safran, qui a récemment renforcé sa présence dans le pays en annonçant une nouvelle ligne d’assemblage pour le moteur LEAP à Casablanca.
En effet, cette décision marque une étape supplémentaire dans la consolidation des activités du groupe au Maroc, déjà devenu un pilier essentiel de sa stratégie industrielle.
Un réseau industriel déjà solide
Parallèlement, le groupe dispose déjà d’autres sites au Maroc à Tiflet (Safran Aerosystems) et à Casablanca (Safran Electronics & Defense, Safran Nacelles, Safran Aircraft Engine Serfices Maroc, Matis Aerospace, Safran Maroc et pour 2027 Safran Aircraft Engine Services casablanca) et à Ain Atiq (Safran Electrical & Power) et à Sala Al Jadida (Safran Engineering Services).
Cette implantation étendue illustre la volonté du groupe de bâtir une présence durable et intégrée sur tout le territoire marocain.
Le Maroc, base compétitive aux portes de l’Europe
Au delà de cette expansion industrielle, le Maroc se positionne comme un centre d’excellence de l’industrie aéronautique, et en tant que base compétitive aux portes de l’Europe. Avec une main d’œuvre qualifiée, une stabilité, des accords de libre-échange et une chaîne d’approvisionnement locale sécurisée.
Ainsi, ce choix s’explique aussi par une implantation durable : Safran est présent au Maroc, emploie actuellement plus de 4800 collaborateurs marocains et prévoit plus de 2000 recrutements supplémentaires sur les cinq années à venir.
Une stratégie de résilience industrielle
Dans un autre registre, le directeur général du groupe Safran Olivier Andriès a expliqué sur BFMTV que ce choix d’implantation de nouvelles usines au Maroc répond à une volonté de résilience qui consiste à ne pas dépendre d’une source unique ni de points de défaillances uniques.
Autrement dit, cette logique de diversification rejoint une tendance plus large au sein de l’industrie aéronautique, où la sécurité des chaînes d’approvisionnement devient un enjeu central.
Les tensions entre Safran et certaines politiques françaises
Cependant, lors de son audition en avril par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les freins à la réindustrialisation de la France, Olivier Andriès avait clairement affirmé qu’il n’était plus question d’investir en France dans une ville détenue par une majorité écologiste.
Cette prise de position a provoqué une vive polémique en France, révélant les tensions entre l’industrie et certaines politiques locales. Il avait ajouté qu’à chaque décision de localisation, il écarterait d’office les offres venant de villes à majorité écologiste :
“Les écologistes nous ont jeté des tomates : c’est l’aéronautique, c’est l’avion, ils vont polluer, c’est militaire, c’est pas bien.”
En conséquence, ces propos ont relancé le débat sur la compatibilité entre ambitions écologiques et impératifs industriels.
Pression écologique : les industriels ajustent leur stratégie
Enfin, ce choix confirme une tendance : les grands industriels français cherchent des relais de croissance hors d’Europe face à la pression écologique et réglementaire croissante.
Dans ce contexte, le Maroc s’impose ainsi non seulement comme une alternative, mais aussi comme un partenaire stratégique de long terme pour les groupes cherchant à allier compétitivité, stabilité et ouverture internationale.